lundi 28 octobre 2019

Le récit qui me colle aux basques

 Et bien voilà, il me faut plonger, aller au contact.

Ce récit, c'est que je ne mérite pas d'être aimée pour ce que je suis, car je ne suis rien, mais par ce que j'apporte, ce que je donne à l'autre.
Que rien ne sera jamais suffisant pour que je ne finisse pas par être abandonnée.
Alors je donne sans compter, et surtout je donne sans que l'on demande quoi que ce soit.
Et je cherche un retour, alors que l'autre ne m'a rien demandé. Pour alimenter ou contrer cette croyance, l'un ou l'autre étant strictement la même chose...

C'est un récit, ce n'est pas pour autant ce qui s'est passé dans mes histoires d'amour. J'ai certes donné sans compter mon temps, mon attention, des cadeaux, mes compétences, etc...
J'ai manifesté le mépris que j'avais de moi même surtout, à moult reprises.

Cela n'aide pas à des relations saines. Notamment, cela fait le lit de ma dépendance. 
Cela sans doute a contribué aux séparations précédentes, soit parce que je choisissais des hommes qui ne m'estimaient pas, soit parce que j'ai contribué à déséquilibrer la relation.

Je sais que cette croyance n'est pas que de ma responsabilité. Elle correspond aussi hélas à des siècles voire des millénaires de regard condescendant sur les femmes, transmis par les hommes, et les femmes elles-mêmes...Même si les femmes de ma famille étaient plutôt des modèles de courage, de force et de détermination, elles ont aussi engrammé ces regards délétères.

Je me suis jurée d'en sortir cette fois.
J'observe. Je trie. Je ris autant que je peux, car c'est ce qui m'aide le plus, de rire de ces décalages...

Et là, j'ose écrire. Pour conjurer autant que possible ce mauvais sort. Car c'est un récit. Et la bonne nouvelle, c'est qu'on peut modifier les récits.


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