Ces derniers temps je tutoie le vide. C'est vertigineux, inconfortable, parfois angoissant.
J'ai conscience que c'est une étape nécessaire pour m'approprier ma liberté, après tant d'années de contraintes extérieures et intérieures (car pas de contrainte extérieure subie sans contrainte intérieure).
J'ai conscience que la liberté ne peut être que relative, dans la mesure où vivre c'est être dans un contexte dans lequel on ne choisit pas tout.
Mon corps est fragile avec une durée de fonctionnement limitée, qui dépend en partie de mon hygiène de vie. Dormir, manger, bouger, respirer, et vérifier régulièrement que tout va bien.
La société dans laquelle je vis qui pose quelques obligations, légales, administratives.
J'ai aussi un certain nombre de besoins, dont le besoin d'être en relation, le besoin d'être utile qui forment des points de repère sur mon territoire mental et qui sont à la base de contraintes aussi.
La relation implique temps et réciprocité. Une certaine dépendance aussi, même si je tente de décoller l'amour de l'attachement.
- Ma tante et ma sœur
- Mes enfants
- Mes amis
- Mon "amoureux"
- Mes relations professionnelles : partenaires, clients.
- Mes voisins
- Les personnes que je croise
- Ceux pour qui je choisis d'agir.
L'utilité implique de mettre à disposition certaines compétences et une part de mon énergie autour de moi. C'est une des dimensions des relations.
Il y a le besoin de beauté, de récit, de culture de manière générale. Je mets le yoga dedans, la littérature, la philosophie, la peinture, le théâtre, le cinéma. De quoi me poser des questions sur ma condition humaine, rencontrer d'autres imaginaires, faire bouger mes représentations.
Ce qui me "protège du vide" versus ce qui me permet de vivre le vide...là est la question, toujours.
Nourriture et légèreté.

